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Les shampoings professionnels sont-ils vraiment meilleurs? Une analyse au-delà des idées reçues.

Les shampoings professionnels sont-ils vraiment meilleurs? Une analyse au-delà des idées reçues.

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Est-ce qu’il y a une différence entre les shampoings professionnels et ceux non professionnels (souvent appelés « de pharmacie ») ? À cette question, dans un de nos sondages Instagram, 94 % des utilisateurs ont répondu « oui » et 6 %, « non ». Cependant, si la grande majorité reconnait les différences entre les produits professionnels et non professionnels, les expliquer s’avère une tâche complexe. L’expérience que l’on en a faite ne constitue pas une voie objective pour expliquer le possible avantage des formules de salon.

 

Selon Claude Dubief et Véronique Nardello-Rataj, tous les shampoings prétendent détenir les mêmes fonctions. L’une des plus fondamentales demeure « de nettoyer la chevelure et le cuir chevelu » (2004). Toutefois, elle ne suffit plus aux consommateurs toujours plus exigeants. Ils cherchent un produit qui, au-delà de sa capacité nettoyante, « embellisse la chevelure et lui confère un certain nombre de propriétés » (2004). En d’autres mots, « le shampoing moderne doit être attrayant, bien parfumé, agréable d’emploi et laver efficacement, mais aussi répondre aux attentes spécifiques des utilisateurs en apportant à la chevelure des valeurs d’embellissement nettement perceptibles et adaptées à la nature des cheveux » (2004).

 

À la lumière de ces affirmations, il s’avère intéressant de se pencher sur des lignes professionnelles et non professionnelles, pour déterminer si celles-ci parviennent à répondre à ces attentes. Pour ce faire, nous allons nous arrêter à deux compagnies : Dove et Oribe.

 

Dans le cas de Dove, la marque semble assumer les fonctions des shampoings. Leur descriptif en témoigne : « Le shampoing, c’est plus qu’une affaire de “cheveux propres”. Avec les shampoings Dove Nutritive Solutions, les cheveux propres profitent de soins nourrissants progressifs et d’un pouvoir nettoyant doux. » Leur gamme exhaustive, qui possède des formules pour les cheveux secs, abîmés et fragiles, pour la chute de cheveux, pour les cuirs chevelus sensibles, pour les pellicules, etc., se rapproche du « shampoing moderne ».

 

La gamme de Oribe fait de même. Elle détient huit collections qui se subdivisent à leur tour en deux ou trois gammes, ce qui laisse croire que Oribe cherche, elle aussi, à répondre à des besoins spécifiques.

 

Alors, si à la fois Dove et Oribe ne se limitent pas à un produit purement nettoyant, qu’est-ce qui les distingue réellement ?

 

Le contexte de vente demeure une piste de réponse. Les produits Dove, qui se trouvent dans les magasins de grande surface, ne bénéficient pas d’un accompagnement personnalisé. Si une gamme offre des produits spécifiques, rien ne garantit que le consommateur en fasse un choix éclairé. C’est là où les gammes professionnelles se distinguent. En étant retrouvées et vendues en salon, elles laissent croire qu’une étape supplémentaire est cruciale à la vente : les conseils de l’expert·e.

 

Cependant, notre affirmation demeure plus ou moins vraie : de plus en plus de gammes professionnelles se trouvent en pharmacie, ce qui met à l’écart la nécessité d’une expertise préalable à l’achat.

 

La question de l’efficacité du produit constitue donc une autre voie possible d’analyse. Parmi les paramètres étudiés par un groupe de dermatologues, le pH figure comme l’un des principaux facteurs du résultat esthétique des longueurs (Gavazonni Dias, Munck de Alemeida, et al.). Bien qu’il n’y est pas consensus sur la valeur du pH idéal pour les shampoings, ces chercheurs suggèrent que toute valeur proche de celle du cuir chevelu, c’est-à-dire 5,5, demeure optimale (Gavazonni Dias, Munck de Alemeida, et al.). Une valeur qui la dépasse peut engendrer des frisottis, de la casse ou accentuer l’emmêlement des cheveux (Gavazonni Dias, Munck de Alemeida, et al.).

 

Les données retirées de l’étude montrent néanmoins que pas tous les shampoings atteignent cette valeur, peu importe s’ils se trouvent en salon ou dans les grandes surfaces. Pour les formules non professionnelles, 34,36 % présentaient une valeur égale ou supérieure à 5,5, contre 65,62 % dont le pH était inférieur à 5,5. Du côté des shampoings professionnels, 75 % affichaient une valeur égale ou supérieure à 5,5, tandis que 25 % se situaient en dessous de ce seuil.

 

Ainsi, les résultats de l’étude suggèrent que le pH, en tant que valeur d’analyse, ne suffit pas pour établir une distinction nette et précise entre les shampoings professionnels des shampoings non professionnels. Néanmoins, bien que certains produits de de grande surface se rapprochent du pH du cuir chevelu, les données laissent croire que les gammes professionnelles privilégient un équilibre formulationnel où d’autres variables telles que la concentration en agents conditionnant, la nature des tensioactifs ou l’usage subséquent de soins complémentaires sont pris en compte.

 

Cela dit, les données scientifiques ne permettent pas de considérer la performance des shampoings professionnels supérieure à celles des shampoings non professionnels. Néanmoins, la logique des distributions, le contexte de vente et l’analyse des formulations ouvrent la porte à deux approches distinctes propres à la conception de ces produits. Les shampoings non professionnels, dont l’accessibilité demeure aisée, ne profitent pas du contexte des formules professionnelles où un accompagnement personnalisé préalable l’achat est souvent effectué. C’est pourquoi, si le prix plus élevé des shampoings professionnels ne garantit pas à lui seul une performance supérieure, il peut tout de même refléter un investissement accru en recherche, en développement et en formulation ciblée. Nous suggérons, à cet effet, que l’intérêt du shampoing professionnel ne réside pas uniquement dans sa formulation ; mais bien dans l’écosystème dans lequel il s’inscrit. Il n’est donc pas question de déterminer si ce dernier demeure objectivement « meilleur », mais plutôt de se pencher sur les conditions dans lesquelles il devient pertinent.

 

Pour vous aider à magasiner dans notre boutique en ligne, nous avons créé des descriptions de produits qui vulgarisent les propriétés et les fonctions de chaque produit. Nous avons également publié nos coups de cœur de produits pour vous aider à mieux naviguer dans la variété de formules. Dans tous les cas, vous pouvez toujours nous écrire ou nous demander lors de vos rendez-vous quelles sont les meilleures options pour vous. Nous nous assurerons de vous fournir un accompagnement professionnel, ciblé et respectueux de vos besoins. À bientôt !

 

Article rédigé par Euniden Urias

 

Bibliographie :

 

Dove. (2025). Shampoo. Dove. https://www.dove.com/ca/en/hair-care/shampoo.html

 

Dubief, C. et Nardello-Rataj, V. (2004). Hygiène et beauté de la chevelure : les shampoings conditionneurs. L’actualité chimique, 274, 4-9.

 

Gavazzoni Dias MR, de Almeida AM, Cecato P, Adriano AR, Pichler J. (2014). The shampoo pH can affect the hair: Myth or Reality?. International Journal of Trichology, 6(3), 95-99.

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